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Atelier de recherche et d’écriture autour de l’œuvre photographique du doyen Adama Sylla avec Frédérique Chapuis

publié le dimanche 26 mai 2019


J’ai connu monsieur Sylla en 1996, lors de mes recherches pour l’Anthologie de la photographie africaine. Un livre édité par la Revue Noire et qui reçu lors de sa parution en 1998, le prix Niepce. L’homme – qui dirigeait alors les archives du musée de l’Ifan de SaintLouis – était passionné par la sauvegarde du patrimoine.

J’avais rencontré et travaillé avec de nombreux photographes à travers le continent, et monsieur Sylla se singularisait réellement par ce goût inconditionnel pour le document d’archive. A côté de son travail au musée, il avait aussi son studio de portraits, à Guet Ndar. Pour le rejoindre nous prenions ensemble une pirogue devant l’hôpital, qui nous faisait traverser le petit bras du fleuve. C’était un local de modeste surface, comme le sont toutes les maisons de pêcheurs dans ce quartier surpeuplé de la Langue de Barbarie, mince bande de sable face à la mer. Il me montra ses propres images, sans vouloir prétendre être un photographe.

Il entendait par là que l’appareil photo, plus qu’une pratique artistique, était avant tout, pour lui, un outil. Un outil pour enregistrer le monde et ses rituels, fi xer ses moments de grâce, les mariages, les naissances, ou encore une danse traditionnelle, un président de la République en visite dans la ville, ou un bâtiment. Pour lui, tout devait un jour ou l’autre fi nir par être fi gé sur la pellicule, pour la postérité et la mémoire. Monsieur Sylla est un homme singulier. Un infatigable défenseur du document photographique, un homme unique en son genre.

Aujourd’hui, grâce à la résidence de la Villa Saint-Louis Ndar de l’Institut français de Saint-Louis et avec quatorze étudiants de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, nous avons visité ses images. Clichés joyeux ou sérieux, à la maitrise technique parfaite et toujours empreints d’empathie pour ses modèles ; Ils nous ont offerts autant de prétextes à nous promener à travers la ville, à partir à la rencontre de ses habitants, de ses intellectuels, pour écrire et raconter la cité magique ; un petit bout du pays. A notre tour, de modestement « archiver » pour sa mémoire et celle de ses descendants un petit peu du récit personnel et professionnel de monsieur Adama Sylla. Nous en sommes très honorés.

Frédérique Chapuis

Jounaliste et commissaire d’exposition






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